Chanteries
Tais-toi, tu chantes faux
(Paul Sartiaux - 1979)
Combien de fois n'avons-nous pas entendu ces paroles lapidaires de la bouche des parents, des éducateurs, parfois des professeurs de musique.
Depuis plusieurs
années, j'enseigne le chant choral dans un Conservatoire et nombreux sont les parents venus me présenter
leur enfant en me disant: "Il chante faux, son professeur de solfège me conseille de lui faire suivre
le cours de chant choral".
Ce conseil, au départ assez contradictoire, m'a incité à réfléchir à
ce problème, à rechercher la documentation qui s'y rattache, à esquisser un schéma
de travail pour remédier à cette déficience.
Précisons pour mieux saisir l'importance du problème que 25% d'enfants et adolescents de 6 à
16 ans éprouvent des difficultés d'intonation et que 40% d'adultes ont cessé de chanter depuis
leur enfance. Ces chiffres sont éloquents. C'est pourquoi il nous a paru opportun, dans ce numéro
consacré à "L'enfant et le chant" d'étudier les aspects du problème et d'apporter
quelques éléments de réponses à la question: "Comment corriger des voix défaillantes
? ".
LIMINAIRE
Chaque chef de chœur, professeur, éducateur a été confronté avec le problème
de l'enfant non-chanteur.
Lorsque nous disons qu'un enfant chante faux, notre appréciation est basée sur notre seul jugement,
élément déjà subjectif au départ.
Si nous observons des enfants qui chantent, nous devons baser notre jugement sur les intentions réelles
de l'enfant:
Ainsi, dans les trois cas, il ne s'agissait pas de chanter faux mais uniquement de
chanter une mélodie qui lui est agréable à l'oreille.
De plus, soulignons le fait que la voix n'est pas le seul moyen d'expression musicale de l'enfant. Ses aptitudes
musicales sont en effet tributaires de son tempérament attiré tantôt plus par le rythme, tantôt
plus par la mélodie - ou l'harmonie - ou par les paroles seules d'un chant. Dans la musique, tous ces éléments
ont une égale importance. Il faut donc éviter de juger les aptitudes musicales de l'enfant uniquement
d'après la voix.
EDUCATION MUSICALE DE LA VOIX CHEZ L'ENFANT
Parfois l'enfant est incapable d'émettre une note parce qu'il n'a jamais chanté, ou bien parce qu'il
est trop jeune. Il n'est pas rare dans ces conditions qu'il ne sache ni reproduire, ni émettre une note
- jouée ou chantée - car la voix ne peut répondre à l'oreille faute d'éducation
préalable.
D'autre part, lorsque l'enfant chante faux, il ne faut pas désespérer car il lui manque peut-être
une simple corrélation entre l'audition intérieure et son expression verbale ce que Clo-Clo dans
" Jean de la Lune", de Marcel Achard résume en quelques mots: " Je chante faux mais j'entends
juste ".
Il nous faut donc rechercher les causes d'un arrêt du développement vocal d'un enfant. Et ici, plus
les découvertes de la psychologie moderne éclairent la pédagogie, mieux on comprend combien
les critiques des parents et des éducateurs en général portent atteinte aux moyens de l'enfant.
Il faut donc tenir compte de la psychologie de l'enfant et de ce qu'il veut extérioriser inconsciemment
ou volontairement.
Un exemple concret: dans un stage spécialisé pour adultes non-chanteurs, 33 des 37 stagiaires ont
été découragés par leur milieu familial, scolaire ou musical et parmi elles 15 personnes
sur 17 ont cessé complètement de chanter.
Ces critiques sont des plus maladroites et ont souvent des conséquences graves car l'enfant se sent gêné,
il croit être le seul à ne pouvoir chanter juste, il en a honte à tel point qu'il renonce dorénavant
à chanter.
Dans le domaine des études musicales, nous devons constater la carence involontaire des professeurs de solfège
pour tout ce qui touche à l'expression musicale chez l'enfant.
Le manque de temps, le nombre trop élevé d'élèves surtout dans les classes de solfège
des degrés inférieurs, les lacunes vocales du professeur ne permettent pas à ce dernier de
se préoccuper valablement des enfants qui chantent faux. Cela fut bien compris aux Etats-Unis où
le cours de formation des musicothérapeutes comporte, en plus de l'éducation phonale, l'expression
corporelle et rythmique, l'organologie et bien sûr le chant choral.
En conclusion de ce chapitre
L'EXCEPTION:
L'ENFANT OUI NE SAIT PAS CHANTER
Des cas exceptionnels et rarissimes d'enfants ne parvenant pas à chanter juste peuvent, il est vrai exister.
Un enfant peut, en effet, posséder un appareil vocal normal mais qui réagit difficilement. Mais il
peut aussi avoir un ou des troubles physiologiques soit de l'appareil vocal, soit de l'oreille.
Lorsqu'on connaît les travaux et expériences effectuées, notamment sur les sourds-muets, on
se doit de formuler des réserves sur un jugement trop hâtif et ne pas conclure à une impossibilité
de chanter avant d'avoir épuisé toutes les ressources de la médecine moderne.
En premier lieu, il s'agit de vérifier l'état physique de l'enfant, état très étroitement
lié à son attitude corporelle. Une amélioration de ce dernier dans son ensemble est nécessaire
car l'appareil vocal ne peut fonctionner valablement et intégralement que dans la détente, dans un
état de bien-être et d'épanouissement physique. Alors la confiance en soi s'accroît alors
qu'un enfant qui a le sentiment ou l'impression d'être en état d'infériorité aura une
mauvaise tenue corporelle et connaîtra des crispations qui à leur tour créeront des difficultés
vocales. L'état général influence donc très nettement le rendement vocal et c'est en
le soignant qu'on arrive souvent à faire disparaître les troubles de la voix. Si toutes les conditions
physiologiques et psychologiques sont normalement remplies sans résultats positifs pour l'enfant, il y a
lieu de le faire examiner par un spécialiste nez-gorge-oreille lequel devrait se préoccuper de la
question vocale.
Ce dernier dira si l'appareil vocal est normalement constitué. De plus, par ses questions, il se rendra
compte de la fréquence des maladies du nez et de la gorge qui nuisent souvent au bon fonctionnement vocal.
Parfois il s'agit de véritables maladies des cordes vocales qui doivent être soigneusement traitées,
tels les nodules.
Mais dans la plupart des troubles vocaux, un travail vocal léger peut être maintenu pour autant qu'il
soit bien conduit, qu'il soit individuel (notamment respiration et pose de la voix); car le traitement médical
n'a aucun effet durable s'il n'est suivi d'une rééducation vocale.
LES REMEDES
Après avoir souligné l'importance des aspects psychologiques et physiologiques, esquissons un schéma
de travail.
Nous ajouterons à ce dernier, si nécessaire, quelques données pédagogiques lorsqu'elles
paraîtront utiles ou importantes.
Toutefois, quelques remarques d'ordre général, sont à préciser au départ:
Nous avons déjà montré dans le paragraphe précédent,
l'importance du facteur corporel dans l'attitude générale de l'enfant.
Prendre une bonne position: être bien assis, jambes non croisées, mains sur les cuisses, ou debout
les mains derrière le dos, demande déjà un effort de volonté.
Il faut faire réellement SENTIR ce qui se passe au niveau de la musculature en général (d'où
l'importance des exercices de relaxation et de décontraction), de ses muscles vocaux en particulier (dans
les exercices de respiration) ainsi que dans les autres organes entrant dans les phénomènes de phonation
: langue, lèvres, palais, glotte, mâchoire inférieure (exercices préparant à
l'articulation des consonnes notamment).
De plus la position de la tête est particulièrement à surveiller car il importe que l'enfant
ne porte pas la tête en arrière.
Il nous a semblé qu'un survol rapide de différentes données pédagogiques et pratiques
concernant particulièrement les problèmes de relaxation-décontraction, de respiration et d'articulation
pourraient avantageusement trouver place dans le schéma général de travail qui va suivre.
1. RELAXATION - DECONTRACTION
Le travail doit s'effectuer tant sur le plan CORPOREL (bonne position assise ou debout, exercices pour les épaules,
les bras, gestes naturels) que sur le plan VOCAL (exercices pour la langue, les lèvres, les mâchoires,
la glotte).
2. RESPIRATION
a) Intérêt: si elle est insuffisante, elle empêche une bonne émission, influence l'articulation
qui sera déficiente ou mal conçue, soit parce que due à une crispation trop forte, soit au
contraire, due à une asthénie (force et tension musculaire insuffisantes). Eventuellement, il y a
lieu de consulter un spécialiste nez?gorge?oreille qui déterminera: le nombre de respirations-minute,
la capacité pulmonaire et qui effectuera les examens du périmètre thoracique et des fosses
nasales.
b) Règles générales pour les exercices:
A. LE DIAPHRAGME
L'éducateur doit s'assurer que la respiration est bien diaphragmatique. Il doit, au début, faire coucher l'enfant. Un autre exercice, peu orthodoxe peut-être, consiste à faire inspirer l'enfant et, la respiration étant bloquée, lui faire gonfler l'abdomen, I'expiration se faisant par le nez. Ce n'est seulement qu'après avoir contrôlé la bonne qualité de l'exercice que le maître fera sentir les diverses sensations respiratoires à l'enfant.
B. LA RESPIRATION PROPREMENT DITE
1. L'expiration forcée est à déconseiller totalement en cours de répétition. Elle peut être toutefois valable au début de la répétition si elle sert uniquement à vider l'air de réserve contenu dans le poumon. Il faut joindre dans ce cas un exercice de décontraction, l'exercice consistant à expirer au maximum, d'attendre (blocage) jusqu'à ce que l'enfant sente de lui-même le besoin de respirer.
2. L'inspiration forcée n'est jamais recommandable.
3. Dans tous les exercices de respiration, les épaules doivent rester immobiles.
4. Pour les exercices de souffle: souvent mais peu à la fois.
5. Les exercices parlés sont à utiliser par tout le groupe - bons comme mauvais chanteurs - mais les exercices vocaux ne sont à utiliser que progressivement et ne débuteront, pour les non-chanteurs, que lorsque ceux-ci auront assimilé parfaitement les exercices parlés.
a) Le souffle (contrôle de la respiration).
- Contrôler si les voies nasales sont libres en faisant inspirer par une narine, puis par l'autre en respectant un temps de blocage intermédiaire.
- Aspirer par le nez, bloquer et expirer par la bouche sous forme d'exercices et de jeux.
b) Résonance de la voix.
Pour obtenir l'ouverture des fosses nasales, de l'arrière-bouche, I'abaissement du voile mou du palais ce qui permet de faire découvrir le phénomène de la nasalité, ceci:
1. à l'aide d'exercices simples tels que bailler, imiter une sirène ou le bourdonnement des abeilles, ou encore une cloche.
2. par les exemples suivants qui seront donnés uniquement par le chef de chant:
- ce dernier expire par la bouche, pharynx étroit, mâchoire presque fermée, le voile fortement contracté: VOIX PLATE; COULEUR DU SON: CLAIRE; VOIX PLACEE DANS LA GORGE.
- Mâchoire largement ouverte, lèvres arrondies vers l'avant, le voile contracté: VOIX PLACEE DEVANT; COULEUR DU SON: SOMBRE. Il s'agit de la résonance antérieure de la cavité buccale.
- idem la mâchoire abaissée, pharynx largement ouvert (larynx bas comme dans le bâillement): SON CREUX, VOIX PLACEE EN ARRIERE, EN PROFONDEUR; RESONANCE POSTERIEURE DU PALAIS MOU ET DU PHARYNX.
- idem par le nez, bouche entrouverte, en prenant une voyelle nasale: VOIX PLACEE HAUT; COULEUR DU SON: CLAIRE; RESONANCE NASALE.
C. L'ARTICULATION
Elle doit prendre une large part dans la formation vocale car les exercices y consacrés ne fatiguent pas
la voix. Ils amusent les enfants car, faits sous forme de jeux, ils mettent en mouvement les diverses articulations
de la langue, des lèvres et du maxillaire inférieur. Le principe est l'articulation des notes liées
et des consonnes, et l'articulation syllabique, d'abord parlés jusqu'à parfaite assimilation puis
vocaux.
IL NE FAUT CHANTER Nl TROP FORT, Nl TROP HAUT, Nl TROP BAS, Nl TROP TIMIDEMENT... Nl TROP LONGTEMPS.
Faire le plus possible d'exercices pour fortifier la langue et les lèvres pour aboutir à une maîtrise
complète de leurs mouvements. S'ils sont convenablement effectués, les effets se feront très
vite sentir.
L'exercice consiste à prononcer les consonnes la première étant précédée
de la lettre A, la seconde étant suivie par cette même lettre A, dans l'ordre suivant:
1. LABIO-LABIALES: P-B-M
2. LABIO-DENTALES: F-V-S-D-Gn-L-Y-R-Z
3. LINGUO-PALATALES: CH-J-K-Gu
4. EXPLOSIVES SOURDES: P-T-K
5. EXPLOSIVES SONORES: F-CH-Gu
6. CONTINUES SOURDES: F-CH-S
7. CONTINUES SONORES: V-Z-J
8. NASALES: M-N-Gn
9. LIQUIDES: L-Y-R
Observation: Le travail sur les consonnes pourrait être considéré
à la fois comme un bien et un mal: un bien comme renforcement physiologique des organes vocaux, un mal car
elles constituent en fait une entrave au chant. En effet, les voyelles seules sont produites par la vibration des
cordes vocales les consonnes ne résultant pour partie de cette même vibration puisque pour les prononcer
on leur adjoint obligatoirement une voyelle.
D. L'INTONATION
Voilà bien la difficulté, le problème qui nous préoccupe plus directement et plus particulièrement.
Tous les exercices que nous avons donnés jusqu'à présent visent à préparer l'enfant
à acquérir les qualités physiques et vocales devant aboutir à se défaire des
défauts d'habileté technique de sa voix puisque c'est en réalité là qu'il faut
rechercher la vraie raison des problèmes d'intonation.
On ne dira jamais assez que c'est le travail intensif de culture vocale qui est le remède le plus efficace
pour ne pas dire exclusif que l'on puisse apporter à l'enfant qui chante faux.
Aucune méthode, aucun article ne pose les bases d'exercices d'intonation ou pour être plus objectif
certains exercices déjà mentionnés sont plus à même que d'autres pour apporter
à l'enfant une facilité et une plus grande faculté d'assimilation. C'est pourquoi je vous
livre ici quelques éléments de travail que j'effectue dans mes classes d'enfants.
1. ESTIMATION DES PHENOMENES D'AUDITION
Antérieurement ou parallèlement à l'examen chez le médecin O.R.L. il y a lieu d'estimer
pratiquement les réactions auditives de l'enfant et ceci à l'aide de 4 critères et en suivant
pour chacun d'entre eux la démarche suivante:
-écouter
-reconnaître
-reproduire.
Il importe que les exercices qui vont suivre puissent se faire dans une atmosphère
de calme. L'on doit FAIRE SILENCE pour SAVOIR ECOUTER.
CRITERES
a) de DirectionJeu de l'aveugle: Un enfant, les yeux bandés est au milieu d'un cercle. Un autre se promène et de temps en temps agite une clochette par exemple. Le premier doit indiquer du bras la direction. Il y a possibilité d'adapter cet exercice de façon collective.
Variante: L'aveugle indique du doigt un endroit; celui qui possède la clochette peut ou non obéir au geste et l'aveugle signale l'obéissance ou non.b) de Timbre
-Ecouter et reconnaître diverses sortes de bruits. Exemples: cloche, porte qui claque, robinet, sifflement, voix de camarades, d'instruments de musique notamment à percussion.
-Reproduire et imiter tou,tes sortes de bruits.c) de Hauteur
-Reconnaître un son aigu d'un son grave. Reconnaître une note qui passe dans une mélodie simple. Jouer une gamme: I'enfant doit reconnaître si elle est ascendante ou descendante. Reconnaître un glissando sur divers instruments.
-Reproduire le son d'une sirène en suivant la main du maître. Jeu du coucou ? répéter l'exemple de 2 sons dans tous les registres. Jeu de l'Echo ? répéter les 2 ou 3 derniers sons d'une longue phrase mélodique.
-Jeu des prénoms ? appeler sur une tierce descendante. Question-Réponse: le maître chante une mélodie, I'enfant invente la réponse en chantant.
- Improvisation ? un enfant réalise une mélodie chantée en l'accompagnant par le mouvement de la
main.
Un enfant fait réaliser une mélodie à un autre par une succession de montées et de descentes de la main.d) d'lntensité
-Reconnaître un crescendo ou un decrescendo. Reconnaître un forte d'un piano. Passer des enregistrements; l'enfant doit signaler les forte, les piano.
-Reproduire un crescendo, un decrescendo d'après le geste. Reproduire des cris forts ou des chuchotements (brusques). Dire une phrase en forte, en piano, mezzo, murmurée. Chanter une phrase en forte, en piano, mezzo, murmurée. Alterner dans un chant une phrase forte, une phrase piano, en donnant à l'enfant un ordre à suivre ou en faisant suivre au geste.
2. QUELQUES DIRECTIVES PRATIQUES
a) Faire apprendre le nom des notes à l'enfant, puisqu'il s'agit de lui faire sentir les rapports constants
existant entre les sons.
b) Ne pas vouloir, dès le départ, leur donner un son à reproduire comme on est souvent tenté de le faire
pour pouvoir se rendre compte des difficultés précises et réelles que l'enfant a à surmonter.
L'enfant choisit lui-même le ton qui lui convient, le chef de chœur le répète puis on inverse les rôles
sans se soucier du résultat obtenu.
c) Faire entendre à l'enfant une chanson qu'il connaît bien et la lui faire rechanter sans aide aucune. Le
ton peut se révéler être diffèrent et en général une quarte ou une quinte plus bas. Inverser les rôles.
d) Dans un certain pourcentage de cas, le résultat est nul ou non probant. Il s'agit alors de passer à
quelques exercices qui d'abord parlés deviennent chant. Il ne faut pas oublier que les enfants suivent
ainsi pour le langage musical le même cheminement que pour le langage-parlé: d'abord ils parlent, puis
ils savent lire et écrire, pour être enfin capables de chanter.
e) Lorsqu'il connaît bien le nom des notes de la gamme, lui faire chanter les premiers degrés de celle-ci
(Do-Ré-Mi). Par la suite, l'emploi de la gamme diatonique est prônée notamment dans la méthode Willems (gamme antique et gamme pentatonique avec pour cette dernière le recueil de Garo comme base
de travail mélodique).
f) Utiliser des jeux chantés car ici le chant perd son importance au profit du jeu dont il n'est que l'accompagnement tant du mouvement que du jeu lui-même. Le chant perd ainsi ce qu'il peut avoir d'inquiétant pour l'enfant.
E. AUDITION DE DISQUES
Ce moment de délassement, lorsqu'il est possible, doit être basé sur des œuvres courtes destinées
aux
enfants et sur des œuvres classiques bien choisies que vous trouverez dans le paragraphe consacré à
la discographie pour enfants.
Il importe toutefois de savoir que c'est la répétition d'une (des) même(s) œuvre(s) qui est
primordiale et non pas, comme on pourrait le penser, I'écoute d'un grand nombre d'œuvres. Cette audition
doit se faire dans une atmosphère de grande simplicité et en s'abstenant totalement d'employer des
termes techniques, musicaux ou historiques qui pourraient dérouter l'enfant.
F. COURS DE DICTION
Il nous faut mentionner l'intérêt de ce cours qui amène également de sérieux
progrès pour la voix chantée car le professeur de diction, lui aussi, est obligé de soigner
la pose de la voix et de la placer en avant de la bouche.
G. CHANT CHORAL
Les chants, en particulier les chants " à intervalles " y jouent un rôle capital. Le chant
choral, le fait de chanter ensemble, libère les enfants de leurs complexes et les épanouit. De plus,
il a l'avantage sur tout autre matériel pédagogique, d'être très motivant. Le répertoire
appris, en éveillant l'intérêt de l'enfant, soutient naturellement son attention tout en favorisant
par son activité collective les interréactions entre les membres du groupe, les unissant par une
action commune, en stimulant notamment leur langage. Il y a donc interdépendance entre le groupe et l'individu,
et l'enfant qui chante mal devient le problème de tous les membres du chœur.
Paul SARTIAUX
in "Viens t'en" - février 1979
© A Coeur Joie Belgique