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Il est frappant que ce soit au cours de choralies placées sous le signe de
la fête populaire et de l'hommage à son fondateur, que le mot festival ait été prononcé.
FESTIVAL DE VAISON-LA-ROMAINE, couronné par une émission de TV couleur de deux heures, où
même le chant "spontané" au théâtre antique ou sur la place Montfort est organisé!
Festival surtout par la qualité des musiciens qui s'y associent: l'orchestre Jean-François Paillard,
S. Richter, l'ensemble instrumental de Provence, des orchestres allemands, les Ménestrels, les percussions
de Strasbourg, de nombreux solistes...
Certes A Cœur Joie peut se féliciter d'avoir suscité (en France) l'intérét des musiciens
professionnels. Le groupe de recherches "musicales (?)" de l'ORTF, y trouve même un terrain de
prédilection pour ses expériences.
C'est surtout pour nous les animateurs de chorale une occasion unique d'y retrouver pendant dix jours des ensembles
vocaux et des chefs exceptionnels.
Les grands concerts du soir n'ont pas suscité dans l'ensemble grand enthousiasme. Pourtant les ateliers
chantèrent avec conviction (le chœur de la Passion fut à ce point envoûtant que même
les solistes se surprirent à y participer...).
Nous attendions beaucoup plus de l'hommage à César, une mise au point plus nette du Jeu de Robin
et Marion et des Carmina Burana.
Sur un choix d'une douzaine de "petits concerts", j'épingle quelques moments musicaux de haute
tenue:
- la parfaite aisance du quintette vocal Bourbon, le plaisir de bien chanter et l'ensemble
polyphonique de Versailles, la fraîcheur et la vie de la suite de Gastoldi présentée par l'ensemble
vocal A Cappella de Lyon, les merveilleuses voix des petits chanteurs de Trois-Rivières, la parfaite maîtrise
de Philippe Caillard dans son concert Chœurs et cuivres, l'effort sérieux que toutes les régionales
de France s'était imposé...
Je citerai aussi le travail discret et peu connu des ateliers guitare, culture vocale, rythmique Dalcroze, danses,
flûte à bec...
Une décentralisation judicieuse quoique trop peu annoncée de concerts tout autour de Vaison: un soir
j'apprécie le chœur Kattialine du Canada dans "une Bataille des Moustiques", attribuée
à Janequin, un autre c'est la Marlagne de Namur qui fête en chansons les Côtes du Rhônes
à Sainte-Cécile-les-Vignes, à Carpentras l'ensemble Bruchsal fait sonner les instruments anciens...
Tout ne fut certes pas de qualité, quelques groupes invités à se produire n'étaient
nettement pas à la hauteur, mais surtout le choix de certains responsables d'ateliers et même de meneurs
de chants communs est critiquable pour une manifestation internationale.
Le chant commun matinal, à la carte, fut très bien suivi. Je vous dirai encore mon souvenir de la
belle et humble musicalité de Willi Träder, la bonne humeur, en costumes folkloriques de France et
d'ailleurs - envahissant pour un soir toute la ville -, les joueurs de vielle et de galoubet, le grand succès
des meneurs de foule tels Pat Shaw et le Sing for Pleasure, François Provencher et ses chansons, Jacques
Vérot et la liturgie orthodoxe russe, Nicolas Ruffieux et la Suisse...
A Cœur Joie-Belgique fut musicalement peu remarqué à ces choralies, malgré les quelque cent-cinquante
participants. Je souhaite vivement qu'au prochain rendez-vous nous donnions une image plus réelle du chant
choral belge.
Meilleures ou moins bonnes ces choralies que les précédentes ? Là n'est pas la question, avec
le temps leur visage devait évoluer, avec ou contre la volonté des responsables. Il est surtout important
qu'elles continuent à exister car elles sont le seul exemple d'un rassemblement de quatre mille musiciens
amateurs qui bâtissent, ensemble et sur dix jours, leur festival.
Yves Wuyts
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