L'Assemblée générale
du Mouvement
A Coeur Joie

Rédigé en 1975, cet éditorial d'André Dumont,
président national, n'a rien perdu de sa pertinence !

Il me paraît opportun de rappeler à tous nos membres qu'ils sont concernés par l'Assemblée Générale (...)C'est en effet une rencontre annuelle non seulement de tous nos responsables de toutes nos activités régionales, nationales et internationales, mais également de tous ceux qui veulent s'informer et suggérer tout en créant autour d'eux et avec eux des liens d'amitié.

Il est difficile de résumer après coup de tels moments, de transmettre tel message, de traduire la richesse d'une intervention, car non seulement l'information demande du temps et des moyens humains et financiers, mais souvent elle n'atteint pas nos objectifs de participation.

A Coeur Joie c'est non seulement chanter ensemble mais bien vivre ensemble pour chanter. Pour préparer cette vie commune, ce chant commun, il est nécessaire une fois par an de se parler, de se connaître, de se comprendre.

Dans la morosité actuelle de notre société économiquement et socialement désemparée, dans l'inflation culturelle qui nous envahit, j'ai la conviction que notre mouvement A Coeur Joie a un très grand rôle à jouer mais il ne peut l'assurer qu'avec la participation totale et enthousiaste de tous ses membres.

Je vous invite à lire et à relire "Le sens communautaire" écrit par Cesar Geoffray en 1969. C'était un regard lucide et prophétique sur l'évolution de notre société, sur notre conditionnement actuel. Il dit mieux que quiconque et avec autorité ce qu'est un engagement dans une communauté.

L'Assemblée Générale, avec votre participation active peut et doit préparer des lendemains qui chantent. Je vois la possibilité d'ouvrir à la pratique du chant choral toute une jeunesse avide d'activités culturelles simples, enrichissantes, sereines, communautaires. Mais cette ouverture ne se fera pas n'importe où avec n'importe qui, elle doit partir de nos groupes : à côté de chaque chorale, une cantilène, une chanterie; au départ d'une cantilène une chorale de jeunes; avec nos chefs de pupitres et nos choristes doués, de nouveaux chefs de choeur.

Dans cette perspective, la responsabilité de nos chefs de choeur est grande: peuvent-ils comprendre que la qualité de leur groupe dépend non seulement de leur compétence musicale et humaine, de leurs relations publiques, du dynamisme de leur groupe mais tout autant de la vitalité du mouvement - association de tous les groupes - qui assure la permanence d'une vie musicale extérieure au groupe, qui suscite la création d'un répertoire, qui prend en charge la formation permanente et qui favorise de toutes façons le renouvellement des groupes et des choristes.

J'imagine que tous ceux qui me lisent veulent participer activement et positivement à toute initiative qui peut enrichir l'heure musicale hebdomadaire, aussi je me fais une joie de les accueillir (...)

André Dumont
Président national
in "Viens t'en" - février 1975