Au revoir, Marie-Paule...

Chers amis,

Notre secrétaire et amie s'en est allée ce lundi pour rejoindre César, Nicolas, Raymond, Franz, Freddy, et tant d'autres qui ont participé, chacun à sa manière, à la construction et au développement de notre Fédération et/ou de notre Régionale... Puisse-t-elle chanter encore longtemps avec nous dans nos coeurs.


Hommages

En entrant dans l'équipe régionale, il y a bientôt 4 ans, Victor m'avait bien dit : " Henri, tu dois savoir que Marie-Paule est quelqu'un d'enthousiaste qui a toujours beaucoup d'idées, et tu devras peut-être parfois réfréner ses ardeurs… ".

Et bien Victor, c'était bien plus facile à dire qu'à faire !!

Je ne connaissais pas beaucoup Marie-Paule qui m'avait l'air de quelqu'un de très doux, souriant et plutôt conciliant.

Je ne m'attendais pas un instant à ce que cette femme plutôt frêle, allait complètement bouleverser ma petite vie jusqu'alors bien paisible.

Sous une apparente discrétion, j'ai découvert une véritable bûcheuse d'une efficacité et d'une rigueur incroyables, et qui avait une grande intelligence et de nombreuses connaissances dans quantité de domaines.

Elle m'a souvent ouvert ou montré la voie à suivre.

Et pourtant, malgré cet incroyable don, c'est surtout sa discrétion et son humilité qui feront d'elle, à mes yeux, une grande Dame dans notre Fédération.

En fait, ce qui caractérise Marie-Paule pour moi, c'est sa faculté d'écoute et sa générosité en tout, et plus particulièrement en Amitié.

Tant avec Marie-Paule qu'avec Perrine, et plus récemment avec Bernard, je n'ai jamais eu l'impression que nous formions au sein de la Fédération ACJ, un " comité " de sages, de personnalités ayant à jouer des rôles officiels ou supérieurs.

Non ! Nous sommes surtout un petit groupe d'Amis essayant de rendre modestement service à un autre groupe d'Amis, à une communauté d'artistes, amateurs passionnés, comme nous, du chant choral.

Chère Marie-Paule, ces derniers mois, malgré la maladie et la souffrance, tu as tenu à continuer de remplir ta fonction discrètement, jusqu'au bout, et avec ton sourire omniprésent.

Aujourd'hui celui-ci est gravé pour toujours dans nos cœurs en peines, et ton souvenir ne s'effacera sans doute jamais de nos mémoires.

Alors sache que nous sommes tous, ici, profondément heureux d'avoir eu le grand honneur de croiser un jour ta route, et pour moi, d'avoir partagé avec toi ces moments privilégiés d'Amitié.

Un ou une autre, demain, reprendra brillamment ta fonction, avec une autre manière de faire, différente mais tout aussi bien, sans doute…

Mais comment pourrons-nous demain combler ce vide, ce trou béant, cette profonde blessure, que ton départ prématuré a ouvert dans nos cœurs ?

A cela je n'ai pas trouvé de réponse, juste mes larmes...

Henri Wellens
13 mars 2007










Marie-Paule,

Tu trouvais ta joie dans le don de toi-même et dans le partage.
Ta joie de vivre éclatait dans ton grand rire qui résonne encore à nos oreilles.

Comment as-tu fait pour assumer tout ce que tu as assumé, déjà depuis ton enfance ? La vie n'a pas été tendre avec toi. Devant les coups durs tu serrais les dents, tu traversais ta solitude, et inlassablement tu renouais avec la joie de vivre, le goût de la fête.

Comment faisais-tu pour retenir, pour chacun de nous, ce qui faisait l'essentiel de nos vies ? Te rappelant toujours du petit détail qui fait plaisir. Pratiquant l'art de l'attention qui touche.
Devant toi, Marie-Paule, on était quelqu'un.

Tes engagements étaient sacrés. Et ils ont été nombreux tout au long de ta vie, tous marqués par la générosité, le désintéressement. Le dernier, en A Cœur Joie, fut un investissement où a rayonné toute la richesse de ton être, en compétence, en rigueur, en enthousiasme. Tu t'y es donnée sans compter.
Tu m'as dit : " je ne regrette aucun de mes choix ". Tu peux en être fière.

Tes amitiés étaient profondes. Tu cultivais la fidélité avec un talent sans faille.

Moi, je t'ai connue à la Chaconne il y a 10 ans. Nous y avons vécu des moments fabuleux d'amitié et de joies musicales.
Tu y as été trésorière. Il y a cependant une comptabilité que tu as toujours négligée : celle de ton temps, de ta peine. Car il fallait que tout soit impeccable.
Tu étais tellement exigeante pour toi-même en toutes choses.
Et ne parlons pas des mille autres tâches obscures, sans nom que tu as effectuées dans l'ombre, en dehors de tes fonctions officielles. Car tu étais ainsi. Quand tu payais de ta personne, tu ne savais plus compter du tout.

L'injustice soulevait en toi des tempêtes. Tu avais le courage de tes convictions, au risque de te faire mal comprendre. Et là encore, tu faisais face.

Battante, tu l'étais. Mais tu ne te battais jamais pour ta réussite personnelle. Quand tu étais convaincue d'une cause à défendre, tes arguments étaient redoutables d'efficacité.

Dans tous les projets auxquels tu as participé ou que tu as mis en place, en plus de ton enthousiasme et de ta compétence, tu apportais une dimension humaine et très féminine, avec toujours un grain de fantaisie qui en faisait tout le charme.

Avec passion, tu vibrais comme un arc, dans la joie comme dans la peine avec une sensibilité frémissante. Qui était peut-être aussi ta fragilité.

Et tu aimais tellement les fleurs, et ta Caline…

Tu vivais aussi dans l'urgence. Pourquoi ? Un pressentiment ? Nous comprenons mal que tu nous aies quittés si tôt. Et nous sommes tout perdus devant le vide que tu laisses.

Si notre peine est grande aujourd'hui, c'est qu'elle est à la mesure des joies que nous avons vécues avec toi. A la mesure de notre amitié pour toi. Nous n'avons pas fini de méditer tout ce que tu nous as donné.

Durant cette longue épreuve de ta maladie tu as fait preuve d'un courage extraordinaire, hors normes. Combien étions-nous, de près ou de loin, à tenter de te soutenir, parfois maladroits, souffrant de notre impuissance à pouvoir t'aider dans ta souffrance ?


Marie-Paule, tu es partie en ce printemps précoce, portant en toi une soif d'absolu.
Tu es passée parmi nous comme un soleil.
Te voilà arrivée au port, de l'autre côté du mystère.
Mais le fil n'est pas rompu. Tu restes définitivement dans nos cœurs. Nous porterons en nous la beauté vivante de ton être.

Nous prions Dieu pour que dans le grand dévoilement de sa Présence, il te prenne tendrement dans la plénitude de son amour.

Suzanne
13 mars 2007