Viens t'en n° 26 - Mars-Avril 1971

Les Routes chantantes


Chers Amis Choristes,


Voici lancée l'aventure A Cœur Joie qui vous est promise pour les 1 et 2 mai prochains.

Toutes les chorales et toutes les cantilènes du mouvement prendront la route au départ de leur ville pour chanter.
Les
ROUTES CHANTANTES tracées au départ de Liège, de Bruxelles, de Mouscron d'Arlon, de Mons, de Charleroi, de Nivelles vont sillonner tout le pays et tous les itinéraires vont converger vers Namur où nous célébrerons notre 9ème rassemblement national.

Après avoir animé une cinquantaine de villes étapes par de multiples concerts, nous terminerons notre voyage par une
fête chorale à laquelle chaque région apportera le message d'une musique vivante à l'image des groupes qui l'animent.

A I'échelon national du mouvement sur tout le pays, nous allons ainsi réaliser une animation chorale de qualité et laisser à la musique le soin de dire à tous nos auditeurs témoins de cette aventure, notre joie de vivre et le souhait que nous avons de partager avec tous, petits et grands, le privilège de chanter en chœur.

André Dumont.

Viens t'en n° 27 - Septembre 1971

Les Routes chantantes

Extraits de presse


En organisant ces "Routes chantantes", "A Cœur Joie" a voulu bien plus qu'évoquer l'inspiration éternelle des ménestrels et des baladins : symboliser la volonté des rencontres, de présence et aussi la volonté d'évolution et de progression de son mouvement.

A un moment où, en tous endroits, les hommes se mettent en marche pour clamer la revendication, le mécontentement ou la haine, cette marche chantante d'un millier de choristes "A Cœur Joie" voulait faire refleurir sur toutes les routes de Belgique, la joie, l'espoir et la beauté de rencontrer à chaque pas, le sourire de l'amité et de l'approbation.

Vers l'Avenir - Namur

C'était à Mons, au soir du premier mai.

La section régionale des groupes "A Cœur Joie" invitait en effet les sections sœurs de Mouscron et de Charleroi à une sorte de répétition générale avant la grande concentration du lendemain, à Namur.

Dès 19h, on vit arriver en ville des cars et des voitures munis de l'insigne : un triangle routier "STOP" sur le blanc duquel se détache une double croche et un oiseau chanteur sur un cœur calmé.

Signes d'amitié déjà dans la rue et fraternisation immédiate à l'intérieur du théâtre.

Et l'on chanta. Tantôt des groupes bien entraînés, tantôt la salle entière, avec ou sans partition.

La Province - Mons


Les jeunes chorales de Wallonie s'étaient mises en route, samedi, pour Namur, offrant dans les diverses localités qu'elles traversaient, des auditions qui surprirent quelque peu citadins et villageois.

Ne venaient-elles pas de loin, depuis Mouscron jusqu'aux confins du Luxembourg en passant par Liège et Bruxelles...

Magnifique et exaltant, car il faut avoir vécu non seulement ce concert de clôture, mais son environnement. Chœurs répétant devant le théâtre de Namur, chœurs mettant la dernière... voix au foyer du même théâtre, tout cela respirait une chaude cordialité, une fraîcheur joyeuse dans lesquelles les chevronnés des concerts et des manifestations musicales retrouvaient eux aussi un chaleureux bain de jouvence !

Salle remplie de jeunes, animés par des jeunes enthousiastes, pleins de vie comme il sied, mais avant tout, soucieux de bien chanter en chœur.

Ovation interminable à César Geoffray quand il entra dans la salle, on s'en doute, et aussitôt chants communs de tous repris en chœur par tous...

Après la cantate "Das Neugeborne Kindelein" de Buxtehude par l'ensemble instrumental de la Campanella et les choristes de Bruxelles, laquelle marqua le point culminant du concert, César Geoffray dirigea lui-même les choristes du Brabant Wallon avec son allant coutumier et sa spontanéité résultant de son contact constant avec les adolescents depuis plus de six lustres dans un choix de ses premières harmonisations qu'il affectionne, parce que, dit-il "les hommes qui chantent ensemble sèment encore de la joie dans le monde morose et morbide d'à présent".

Le Bourgmestre Lebrun de Namur et ses échevins furent les premiers à donner le signal des applaudissements et ce concert de clôture finit dans une atmosphère pleine de promesses. Non, les jeunes ne se consentent pas au "pourissoir" dans lequel la civilisation s'efforce de les plonger : non, ils ne sont pas mûrs pour la défaite morale.

Leur enthousiasme pour ce qui est noble et beau en a fourni une nouvelle preuve à Namur. Et c'est parce qu'il les engage dans cette voix que le mouvement "A Cœur Joie" mérite la reconnaissance de tous.

Le journal de Charleroi.