« Viens t'en » n° 1 - janvier 1963
Hommage aux pionniers !
Nous publions la quasi totalité
de ce premier numéro de « Viens t'en ».
Seules, les activités et les annonces
de concerts ont été omises.
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En novembre 1962, les Conseils des quatre Chorales de la Province de Namur, affiliées au Mouvement A Cœur Joie, se sont réunis à la Maison des Jeunes, à Namur.Il nous fallait, pour l'expansion du Mouvement et pour notre propre perfectionnement, une coordination réelle et efficace.
A cet effet, une Équipe Régionale provisoire a été constituée.
Quels sont nos objectifs prochains ?
1. un journal régional - celui-ci - qui sera notre moyen de contact.
2. des week-ends de région, pour la formation de chefs de chœur et choristes.
3. des rencontres entre nos chorales.
4. des concerts de propagande.Pour réaliser cette tâche, qui nous tient à cœur, faut-il le dire, et qui sûrement est dans l'esprit A Cœur Joie, nous comptons sur ta collaboration complète.
A Cœur Joie doit vivre et chanter chez nous, par nous.
Équipe Régionale Provisoire
animateurs:
Ferdi BOONEN
Marcel HUBEAU.Secrétaire:
Madeleine LADURON
Trésorière :
Mady BOURDEAU
Nous avons la joie de vous annoncer l'affiliation d'une cinquième chorale, LA FARANDOLE, chorale à voix égales defilles, constituée d'élèves de l'Institut des Sœurs de Notre-Dame à Namur. La FARANDOLE est dirigée par Marthe Mikolajezak, déjà chef de pupitre aux Compagnons du Champeau.
Chorales affiliées
LA MARLAGNE, de Namur, 1959
LES COMPAGNONS DU CHAMPEAU, de Namur, 1959
LA TARENTELLE, de Gembloux, 1961
MONTFERRANT, de Dinant, 1962
LA FARANDOLE, de Namur, 1962
Il y avait 120 choristes ACJ pour la Région, le 1er décembre 1961. Un an plus tard, nous sommes deux fois plus nombreux. Nous devons être 300 au 1er décembre 1963 !
(...)
le 25 décembre :
Noël dans la Cité, à Jambes et veillée aux cougnoux pour la Marlagne à laquelle s'étaient joints quelques choristes du Champeau.
Visite chantante à Suzanne Moreau, accidentée et immobilisée chez elle.(...)
Quelques jours avant le W.-E. de la Marlagne à Leffe, la secrétaire de Montferrand, aussi trésorière de la Région, recevait cette lettre:
Mademoiselle,
Le Révérend Père Prieur me prie de vous signaler - ou de vous rappeler si vous êtes au courant de la Règle monastique - l'obligation pour les jeunes filles d'être vêtues de couleur sombre, d'avoir les genoux entièrement cachés par la robe, de porter des manches longues et une voilette - ou tout au moins un foulard - sur la tête, dans l'enceinte de l'Abbaye.
J'espère que vous voudrez veiller personnellement à ce que les membres de votre groupement se conforment à ces exigences, sans quoi, elles risqueraient l'excommunication mineure.
Croyez,...
Et notre charmante trésorière de conclure: "Figure-toi que je l'ai cru jusqu'au moment où Cécile a commencer à se douter de la supercherie"
WEEK-END RÉGIONAL DE FORMATION.
Un W.-E. de formation chefs de chœur et choristes, aura lieu à Namur, du samedi 23 mars (16 heures) au dimanche 24 mars (18heures), à la Maison des Jeunes, Avenue Reine Astrid.
Programme :
Chant choral, solfège, travail vocal, gestique, apprentissage à la direction, audition de disques, veillée.Instructeurs :
Manu Poiré et Georges David.Maîtresse de maison :
Marthe Mikolajezak.Prix :
80 francs (quatre repas et la nuit).
SAINT-HUBERT est déjà un Centre A Cœur Joie puisque nous y avons vécu le stage belge 1962, avec César et Mido, Hélène Guy, Lucette Hennebisque et Manu Poiré.
Pour 1963, St-Hubert nourrit de grands projets: le stage A Cœur Joie belge. Mais aussi un Festival de Chant Choral
ESPOIR À ANDENNE : Un groupe de jeunes a demandé aux Compagnons du Champeau un concert de propagande pour le chant choral. Ils espèrent créer une chorale.
Bonne chance, amis d'Andenne, ce sera formidable.... ET A FLORENNES. - Trois de nos amis florennois, Jacqueline, Robert et Pierre ont connu notre stage St Hubert 62. Et la foi y est, et le nombre de candidats choristes augmente. Nous aurons certainement le plaisir de chanter ensemble bientôt.
VAISON 1962
Vaison 1962... Une semaine... chaleureuse dans la musique et le soleil provençal. Les chorales de la région Namuroise y sont représentées par une soixantaine d'enthousiastes.
Et c'est la découverte du chant choral, vécu par 3.000 jeunes, rassemblés au théâtre antique, aux heures brûlantes pour les répétitions de Vincent des Lumières, le soir, pour des concerts populaires où défilèrent tour à tour la Psalette de Lyon, les ensembles « pilotes » d'ACJ, Philippe Caillard, Stéphane Caillat, et les groupes Espagnols, Allemands, Yougoslaves.
Concerts de qualité, ferveur insatiable des jeunes auditeurs. - Le matin, de 9 à 11 h., ateliers divers, et à 11h30, dans la douce pénombre des églises, à l'ombre des platanes, ensembles vocaux et instrumentistes, orchestres ou chorales nous offrent un panorama complet et choisi de la musique.
Les Journées passent trop vite... Flâneries dans Vaison, promenades provençales... Que dire des soirées ! Veillée costumée, belle époque... La place Monfort noire de monde, visages tendus vers le chef qui debout sur une table lance un chant repris en chœur par des milliers de voix, bien tard dans la nuit.
Les nuits de Vaison ! Couchés sur un dernier chant, et un dernier pastis: la fraîcheur !... enfin !... quand ce n'est pas l'orage, et le réveil combien matinal, les pieds et le matelas dans les torrents qui dévalent du camp des filles.
Mésaventures vaisonnaises... qui s'ajoutent aux mille souvenirs heureux dont la ronde est bien loin de se terminer.
Marthe MILO.
« Viens t'en » n°1 - janvier 1963
Le style d'A Cœur Joie
Parler du style d'A Cœur Joie, c'est encore un peu défricher un taillis. Cependant, des avenues se dessinent.
A Cœur Joie, milieu jeune, dynamique, mûri par la présence de ménages de plus en plus nombreux, qui intéresse donc de plus en plus, non seulement l'éveil culturel individuel, mais l'évolution de familles entières. Milieu de jeunes, ouvert à tous, populaire, A Cœur Joie constitue une société mixte, donc équilibrée, qui manifeste une réelle santé, avide à la fois d'apprendre et d'intervenir dans son monde, spécialement à travers la musique, d'une manière active.
Sur le plan du travail, c'est une vraie communion dans l'amour de la musique, la recherche soutenue de la qualité, de la justesse et le goût du vrai par rapport au factice, au « toc ». On retrouve ce plaisir et cet appétit de vrai chez ceux qui viennent à nous pour animer nos ateliers, et le Mouvement peut aisément s'étendre de ce côté-là.
A Cœur Joie vit actuellement d'après un certain style musical auquel César Geoffray a donné forme: la couleur de ses harmonisations, le choix des programmes, la méthode d'enseignement, etc... Autour de lui, un certain ton familier, « cordial » qui simplifie les rapports humains en les rendant plus vrais.
Nous ne sommes pas les seuls amoureux de la musique, les seuls à rechercher la qualité, à partager cet appétit de vivre et de suivre le rythme de l'époque. Alors ? Ce qui distingue A Cœur Joie, c'est cette coloration qu'apporte une amicale familiarité; c'est l'expression spontanée de sa joie musicale, c'est l'ouverture au spirituel qui est « l'appétit de vivre mieux ».
Ne peut-on définir A Cœur Joie comme une recherche de qualité, musicalement rythmée, dans un esprit de cordiale fraternité, sous un jour spirituel ? A Cœur Joie, vraiment laïque dans la juste acception du mot, parce que, ouvert à tous, laisse à tous la possibilité d'un épanouissement spirituel qui ne peut qu'augmenter les qualités proprement artistiques. Alors que les tenants attardés d'un « laïcisme » obtus enferment leurs fidèles dans un univers clos où les plus belles valeurs humaines se dessèchent.
Le style A Cœur Joie ne peut être qu'un style lisible, aéré, clair et fonctionnel, adapté, simple, évitant la vulgarité. Un style gai: « un certain sourire », mais qui n'a rien d'équivoque, un sourire vainqueur, l'optimisme de l'équilibre entre un sens idéaliste et l'acceptation réaliste des faits.
Dans nos manifestations publiques, on recherchera la qualité; on évitera les trop faciles commentaires qui nuiraient à la portée de nos programmes. Le journal sera de plus en plus un témoignage régulier de ce style reflétant à travers son ton très droit le caractère simple de nos liens. Dans les autres imprimés, nous retrouverons la gaieté, le juste équilibre, la lisibilité fonctionnelle.
Par cette contribution, j'essaye d'apporter un complément de qualité jouant lui-même le rôle d'appel à un contexte mieux accordé.
J'ai conscience ici d'ouvrir un dialogue, non d'écrire un article définitif. Si d'aucuns veulent manifester sur ce point des suggestions, voire des critiques, j'engagerai volontiers la conversation: nous y gagnerons tous. Le terrain n'est pas encore exploré et nous pouvons tirer de ce débat d'utiles enseignements pour embellir et rendre plus habitable la carrosserie de l'avenir que nous réservons à ce merveilleux châssis que fourbissent nos « pédagos ».
(Extrait de « A Cœur Joie » - 10-10-56)
Jacques DEVILLERS