« Viens t'en » n° 4 - janvier 1964

 

A Cœur Joie et le Yé-Yé


EN PLEIN DANS LE MILLE

 

En mai dernier, à Charleroi, nous nous sommes comptés et nous nous sommes donné rendez-vous en 1964. Comme de bons ouvriers, les chefs de chœur seront invités à rendre compte et le secrétariat nous donnera les chiffres de notre progression à travers le pays. Ce que nous demandions en 63, au delà des moyens classiques et permanents d'extension: nos concerts, nos relations personnelles, notre émission radio, et le journal (dans la mesure où nous ouvrirons ses colonnes à l'extérieur), le stage et nos week-end de formation, c'était un plan d'action concret pour chacune de nos chorales: une chanterie, une cantilène, (un groupe instrumental pour les adolescents) gravitant autour et à cause de la chorale, tels étaient les objectifs proposés.

Il s'agit là d'un principe vital. Je sais bien que les chorales qui ne réaliseront pas ces objectifs, continueront d'exister et de chanter, mais elles risquent fort de se réveiller un jour esseulées et vieillies dans un « A Cœur Joie Belgique » terriblement rajeuni et cela, plus vite qu'on ne le pense généralement. Le problème de ces chorales, c'est un problème de générosité dans le mouvement. Ce que nous leur demandons, c'est de sacrifier l'impression de confort et de sagesse, voire « d'expérience » que se donne toujours une chorale d'adultes et son chef. L'effort est difficile car déjà des habitudes sont prises. Ce que nous demandons ce n'est pas qu'en chantant vous soyez contents de vous, mais inquiets de n'avoir pas encore fait chanter les autres. Vous sentez bien n'est-ce pas que notre A Cœur Joie est braqué vers l'extérieur. Cessez d'attendre des mains qui vous applaudissent en fin de concert, mais tendez plutôt les vôtres vers les « moins de vingt » que la presse, la radio, la TV et une équipe de faux anges nous arrachent.

Après de telles déclarations, j'aurai sans doute bientôt la réputation d'être un idéaliste verbeux, mais j'ai la foi, avec d'autres: les objectif 63 sont réalisés en totalité ou en grande partie et nous enregistrons au moment où j'écris ces lignes, quatre groupes de cantilènes et deux chanteries.

Qu'attendent nos chorales de Bruxelles ? A l'appel lancé par mon ami Franz Castin je joins le mien, pour que toutes les ressources de "cœur" des choristes de Paul et de Paulette nous répondent. Nous en serions tellement heureux.

G. DAVID
in « Viens t'en » n° 4 - janvier 1964