En ce début de mandat à la tête de notre Fédération, et à l'ouverture de cette nouvelle saison, nous avons rencontré notre nouveau président, Philippe Noël.
Au-delà de l'homme public bien connu, nous voulions en savoir davantage sur son parcours musical, ses expériences chorales, l'importance du chant choral pour lui, les défis qu'il souhaite relever au niveau de la Fédération, comment il envisage la présidence  de notre fédération ...
C'est un homme chaleureux qui nous a répondu, avec enthousiasme et sincérité. Merci Philippe !

Quel est ton parcours musical ?

Mon parcours musical a commencé dès mon plus jeune âge. À 6 ans, je suis entré au conservatoire de Tournai en solfège et en piano. Suite à notre déménagement familial à Namur à l’âge de 10 ans, j’ai poursuivi mon cursus au Conservatoire de Namur en piano et en orgue, que j’ai prolongé durant les études d’ingénieur civil. Je suis ensuite entré au Conservatoire royal de Liège dans la classe de piano d’Étienne Rappe. En parallèle, j’ai été organiste à Saint-Marc, paroisse du nord de Namur, tout en étant également, durant quelques années, chef de chœur de la chorale. J’ai également intégré, à ce moment-là, la chorale Terra-Nova dirigée par Étienne Rappe, où j’ai rencontré mon épouse. Je suis actuellement choriste au sein d’Around 40, chorale à projet d’À Cœur Joie, et choriste depuis quelques années aux Fous chantants d’Alès.

Si tu devais résumer ton parcours en trois mots, lesquels choisirais-tu ?

Riche, diversifié et formateur.  Je pense que la musique a déterminé ce que je suis aujourd’hui.  Durant mes études d’ingénieur, on m’appelait le musicien. Et au Conservatoire royal de Liège, l’ingénieur. C’est donc tout naturellement que, dans mon travail quotidien, j’allie les deux, étant devenu ingénieur spécialisé en acoustique.

Quel morceau du répertoire actuel préfères-tu chanter et pourquoi ?

Il est difficile de résumer le répertoire en un seul morceau.  Mais je reste complètement sous le charme du Requiem de Mozart, même si j’avoue que j’écoute régulièrement Britten ou Rutter dont j’apprécie particulièrement les œuvres.

Tu es ingénieur acousticien. En quoi la vie chorale et ton parcours professionnel se rejoignent-ils ?

C’est très clair que la musique a déterminé tant ma passion que mon métier. Je me suis passionné, durant mes études, pour l’acoustique des salles. Dessiner une salle pour qu’elle sonne de manière naturelle sans avoir besoin « d’artifice » — je parle de la sonorisation — m’a toujours fasciné. Je me souviens de la visite du théâtre d’Épidaure à 17 ans et du constat de la prouesse des architectes de l’époque, qui avaient déjà tout compris à l’acoustique, et sans tous nos outils actuels utilisés pour modéliser les salles.

Qu’as-tu envie de dire aux choristes et chefs de chœur d’A Cœur Joie ?

Que le monde du chant choral est un monde porteur de bienveillance et d’épanouissement.  

Que représente pour toi le chant choral, musicalement et humainement ?

Je ne m’étais pas imaginé, en commençant la musique, que le chant choral prendrait une telle place dans ma vie. Je me voyais, tout jeune, plutôt comme un musicien. Mais dès l’instant où j’ai mis les pieds dans une chorale — j’avais 23 ans —, je ne l’ai plus quittée. Ces moments en chorale sont, pour moi, de vraies respirations dans une vie bien remplie. Ce sont des moments de qualité où je m’arrête pour profiter, être entouré de nombreux amis et amies avec qui j’aime partager du temps, durant les répétitions mais aussi après. Je pense que notre cercle d’amis est essentiellement composé de choristes, montrant toute l’importance humaine de la pratique du chant choral.

Quelles sont tes expériences de chant choral marquantes ? 

Il y en a beaucoup. Mais je pourrais citer le concert choral autour du Requiem de Fauré. Je pense toutefois que ce sont surtout les moments organisés dans le cadre de mes anciennes fonctions de président du CPAS de Namur qui me marquent : introduire la musique et le chant choral dans une maison de repos pour un public fragilisé, et voir que ce que cela apporte au public concerné est exceptionnel.

En quoi le chant choral te permet-il de concrétiser les valeurs humaines auxquelles tu tiens particulièrement ?

Je ne conçois pas le chant choral sans les valeurs humaines qu’il véhicule : l’écoute, le respect, la solidarité, le partage, la tolérance. Ce sont des valeurs auxquelles je tiens particulièrement et qui me semblent indispensables dans la vie en collectivité, bien loin du monde anxiogène qu’on peut voir quotidiennement dans nos journaux.

S’engager à la présidence d’une fédération À Cœur Joie, fédération communautaire de pratiques artistiques en amateur, quel sens y donnes-tu ?

S’engager à la présidence d’À Cœur Joie, c’est pour moi donner du temps et de l’énergie à une conviction profonde : celle que la pratique artistique en amateur, et en particulier le chant choral, est un formidable vecteur d’épanouissement personnel, de lien social et de vivre-ensemble.
Je n’y vois pas qu’une fonction institutionnelle, mais bien un engagement au service des choristes, des chefs et cheffes de chœur, des bénévoles, des régionales et de toutes celles et ceux qui font vivre quotidiennement notre fédération. Présider, c’est, selon moi, écouter, rassembler, soutenir les initiatives, créer les conditions pour que chacun puisse trouver sa place et que les projets puissent grandir. Je suis un grand adepte de la co-construction et donc, d’un projet à construire tous ensemble.
À Cœur Joie porte des valeurs auxquelles je crois profondément : l’écoute, le respect, la solidarité, le partage, la tolérance. Dans un monde parfois difficile, anxiogène ou individualiste, le chant choral rappelle combien il est essentiel de faire ensemble, de respirer ensemble, de construire ensemble une harmonie qui dépasse largement la musique.
C’est aussi veiller à ce que la fédération reste ouverte, inclusive, attentive aux nouvelles générations et fidèle à ce qui fait sa force : des femmes et des hommes passionnés, bénévoles, artistes amateurs, qui croient à la force humaine et collective du chant choral.

Quels sont les défis que devrait relever la fédération, par exemple, dans les 2 prochaines années ?

Je pense que la Fédération se porte bien tant au niveau de sa dynamique que de la vitalité du chant choral en Fédération Wallonie-Bruxelles, grâce notamment au travail de mes prédécesseurs, des chefs et cheffes de chœur qui, quotidiennement, partagent leur passion du chant choral, grâce aux comités qui les accompagnent mais aussi grâce à l’investissement de chaque choriste depuis l’extrême sud du pays jusqu’à Bruxelles ou la Wallonie picarde. Il n’en reste pas moins que nous avons plusieurs défis à relever : améliorer l’inclusion sociale dans nos chorales, soutenir les chorales dans leur vie quotidienne, partager nos enjeux au sein des différentes régionales qui jouent un rôle important dans la vitalité du chant choral. J’ai le souhait de pousser encore plus loin la dynamique « jeunes », qui explore et intègre l’évolution de la musique actuelle. Mais aussi, je pense qu’il est important que nous puissions compter sur de nouvelles énergies au sein de nos organes de décision, car c’est aussi cela qui fait vivre notre fédération. Les bénévoles qui s’y impliquent se donnent sans compter avec une dynamique incroyable que je tiens à souligner. Mais si l’envie vous venait de venir vivre cela de l’intérieur, vous êtes les bienvenus. Nous pouvons, sans souci, nous rencontrer pour en parler et, pourquoi pas, commencer un bout de chemin ensemble.

Vive le chant choral, vive la musique et longue vie à À Cœur Joie.